CR CSS CRODA SAS du 09062015

S3PI de l’Artois

mardi 9 juin 2015

ORDRE DU JOUR

Présentation du bilan annuel de la société CRODA CHOCQUES SAS à Chocques pour l’année 2014

Introduction

Introduction par M. HONORE, Sous-préfet de Béthune, qui remercie les participants de leur présence.

Rapide tour de table des participants.

Présentation du bilan annuel de la société CRODA CHOCQUES SAS pour l’année 2014

Présentation du diaporama par M. KHOURY, Directeur de l’établissement.

Diapositive 2 : rappel de l’ordre du jour de la présentation.

Risques technologiques

Diapositive 4 (référentiels & certifications) : la nouveauté par rapport à l’année dernière concerne la qualité ; l’établissement a été audité pour l’obtention de la certification EXCiPACT ; cette certification supplémentaire vise à renforcer l’image qualité de l’établissement vis-à-vis des secteurs de la pharmaceutique et de la cosmétique. La démarche est en cours.

Diapositive 6 (EDD et PPRT) : concernant l’étude de dangers, un travail de fond a été mené conjointement avec la DREAL, le cabinet d’ingénierie spécialisé et le tiers expert (INERIS). Ce dernier a mis en évidence la nécessité d’une étude supplémentaire, encore en cours actuellement. Dans quelques semaines, une restitution des résultats de cette ingénierie sera faite en interne. Le document concerné, conséquent, comprend l’analyse de plus de 50 scénarios (risques de surpression, thermiques et toxiques) avec des modélisations tout aussi importantes.

M. HONORE souhaite l’avis de la DREAL à ce sujet.

M. HOCHEDEZ (DREAL) confirme le travail conséquent mené en 2014 à partir de la demande de révision de l’étude de dangers formulée en 2012 ; cette étude se matérialise par un document volumineux analysant l’ensemble des phénomènes dangereux susceptibles de survenir sur le site et évaluant leurs zones d’effets impactant ou non l’urbanisme autour du site. Plusieurs compléments ont dû être apportés : deux documents et une étude technico-économique. Une tierce expertise a été sollicitée auprès de l’INERIS qui a formulé des remarques, certes justifiées, mais difficiles à lever. Beaucoup de réunions s’en sont suivies avec les parties prenantes (DREAL, exploitant, cabinet d’ingénierie et l’INERIS). Toutes ces étapes ont eu pour effet de rallonger les délais mais tous ont espoir d’aboutir à un document de qualité brossant l’ensemble des phénomènes dangereux en toute exhaustivité. Une fois le document en question entériné, la démarche PPRT (Plan de Prévention des Risques Technologiques) pourra être poursuivie.

M. HONORE s’enquiert des délais raisonnablement escomptés.

M. HOCHEDEZ rappelle que cette démarche PPRT comprend une période de 6 mois incompressibles dont notamment 2 mois de concertation/consultation + 2 mois dévolus à l’enquête publique (1 mois d’enquête + 1 mois de préparation/finalisation). La DREAL espère l’approbation du PPRT au cours de l’année 2016. La DREAL rappelle que cette démarche d’élaboration du PPRT ne pourra être relancée qu’une fois l’ensemble les éléments liés à l’étude de dangers en possession de l’Administration.

Diapositive 8 : chaque visite d’inspection renforcée de la part de la DREAL comprend, outre les thèmes spécifiques retenus, la vérification de la clôture effective des remarques ou observations soulevées à l’occasion des visites d’inspections précédentes.

La parole est passée à M. MASSOJI qui a rejoint CRODA il y a une semaine en tant que responsable Qualité Sécurité Hygiène Environnement.

Diapositive 11 : les exercices réalisés sur site sont détaillés.

Le but des exercices est de réduire le temps d’intervention pour qu’il soit le plus court possible.

Diapositive 13 : configuration réelle.

La polymérisation consiste en la fabrication d’un ensemble de molécules chimiques dont la configuration se répète avec un dégagement de chaleur et/ou un durcissement. Il s’agit d’une réaction contrôlée qui permet la réalisation d’un produit fini dans un réacteur.

Chaque scénario choisi permet d’entraîner les équipiers sur la façon d’optimiser les temps d’intervention.

Diapositive 14 : le personnel est entraîné à intervenir en combinaison chimique.

Diapositive 15 : l’attaque de la fuite simulée de produits inflammables est réalisée au moyen d’émulseur (mousse).

Diapositive 16 : l’exercice POI (Plan d’Opération Interne) permet de vérifier que chacun à son poste réalise la mission qui lui est dévolue.

A noter que les personnes qui interviennent en combinaison sont en situation de stress supplémentaire.

En 2015, un exercice est prévu avec les pompiers.

Risques chroniques

Présentation par M. PERET, Ingénieur environnement.

Diapositive 18 : des investissements importants ont été réalisés au niveau de la station d’épuration en 2011 avec l’installation de la supervision ; il s’agit d’une activité à part entière, avec un accès 24H/24 pour suivre l’ensemble des paramètres. L’activité de gestion opérationnelle de cette station d’épuration a été reprise par CRODA, générant la création de 2 postes. L’équipe environnement regroupe à présent 4 personnes.

Diapositive 19 : le volume moyen quotidien des effluents qui transitent par la station enregistre une tendance à la baisse à savoir 440 m3 contre 600 m3 précédemment. Son fonctionnement est de nature biologique. Une trentaine de paramètres sont mesurés directement sur le site. Le rendement biologique de la station a fait un net bond en 2014 du fait des recherches entreprises par le personnel à des fins d’optimisation. Il est à noter que le fonctionnement de la station correspond à quelque 10 % de la facture énergétique de l’établissement. Le graphique proposé permet de s’inscrire dans la durée avec un rendement homogène à l’année. A noter que la station d’épuration dans sa configuration initiale datait de 1974.

Diapositive 20 : les tonnages de déchets produits sont similaires aux années antérieures. Quelques évolutions visent notamment la réutilisation énergétique. Le déchet principal part en cimenterie. En travaillant sur un volume important, cela permet de diminuer le coût du transport de ces déchets. Ceux-ci sont également évacués du site à un rythme régulier.

CRODA indique avoir travaillé sur les IBC (Intermediate Bulk Container). Ceux-ci sont des réservoirs facilement transportables, couramment utilisés en milieu industriel pour le stockage temporaire de liquides. Sur le site de Chocques, ces IBC constituaient auparavant des déchets, traités par une filière de destruction ; aujourd’hui, avec un appui de l’équipe opérationnelle, ces déchets sortent de leur statut ultime car les poches sont re-conditionnées sur place. On réduit ainsi à la fois le transport et l’impact avec une seconde vie pour les containers sans danger car les parties en contact des produits chimiques ont été éliminées.

L’action qui a été menée sur le site en collaboration avec ARTOIS COMM sur le compostage et le gaspillage alimentaire a été particulièrement appréciée des salariés. Les déchets verts sont ainsi réutilisés sur site en étant broyés.

Diapositive 21 : l’établissement s’est également positionné en faveur de la biodiversité en installant 3 ruches sur le site, avec l’aide et l’appui d’un apiculteur sur une zone naturelle entre l’établissement et le bois de Lapugnoy. Cette installation en avril 2014 a permis une récolte de 50 kg de miel qui ont été partagés entre les salariés.

Diapositive 22 : le thème de l’énergie a été étudié avec une vue macroscopique du site et un œil global visant à évaluer ce qui pouvait être amélioré. Une coordination a été mise en place avec une partie de poste rattachée à la fonction environnementale. Un groupe de travail pluridisciplinaire a été réuni pour rassembler des idées, les bonnes pratiques et échanger avec d’autres entreprises par le biais de la Chambre de Commerce et d’Industrie. 3 axes ont été étudiés à savoir : le technique, le management et le comportement. L’idée était d’échanger pour déplacer quelques leviers proches.

Diapositive 23 : la consommation d’énergie est très proche d’une année à l’autre, à l’exception de la composante météorologique dont l’influence est indéniable. Le site consomme 3 sources d’énergie à savoir le gaz (dans une chaudière visant à produire de la vapeur), de la vapeur en tant que telle et de l’électricité (à hauteur de 19 %). De la vapeur est achetée à VALNOR, source qui représente 2/3 de la consommation du site. Le groupe de travail cherche à investiguer sur ces sources d’énergie (vapeur et électricité) pour voir si cette consommation spécifique peut être substituée. Un travail est en cours avec la Chambre de Commerce & d’Industrie Régionale et l’ADEME. La cartographie proposée permet de constater la répartition de l’énergie sur le site pour pouvoir mettre en place un plan d’actions adapté. Pour ce faire, il conviendra de mettre en place un suivi régulier avec des indicateurs pour suivre l’évolution et tracer les améliorations.

Reprise de la présentation par M. MASSOJI

Diapositive 25 : le site enregistre une baisse sensible des accidents avec arrêt (de 4 en 2012 à 1 en 2014). L’absence d’incidents de transport en 2014, passant de 7 en 2012 à 0, tend à illustrer une assez bonne maîtrise de ce risque. Pour ce qui est des presqu’accidents, une baisse sensible est également enregistrée ; cet indicateur permet d’orienter la politique Hygiène Sécurité Environnement et maintenir les résultats pour les années à venir.

Diapositive 26 : concernant la gestion des entreprises extérieures, une centaine de plans de prévention a été réalisée pour 2014. Il s’agit d’une obligation réglementaire. Une augmentation de 10 % des accueils sécurité a également été enregistrée, d’une durée d’une demi-matinée. L’audit des autorisations de travail consiste à valider le respect des conditions de travail préconisées par CRODA auprès des intervenants extérieurs. Les chiffres enregistrés sont assez stables d’une année à l’autre.

Reprise de la présentation par M. KHOURY

Diapositive 27 : un arrêt conséquent intervient tous les 18 mois sur le site. Cet arrêt permet de concentrer beaucoup de travaux de maintenance qui ne peuvent être réalisés à un autre moment. L’activité y est donc intense. Un challenge sécurité est proposé à toutes les entreprises extérieures pour les impliquer dans la thématique. 3 entreprises intervenantes ont été récompensées avec des bons d’achat pour les intervenants.

Diapositive 28 : les investissements réalisés l’ont été dans différents domaines.

La réduction du nombre de flexibles se fait sur plusieurs années avec un remplacement par des structures fixes quand cela est possible. Le remplacement de l’éclairage par des LED s’inscrit dans la thématique de la maîtrise de l’énergie. Le report de certaines alarmes (jusqu’alors en local) a été mis en place vers la salle de commande. A noter que le montant total porte sur plus d’un million d’euros.

Diapositive 30 : début mai 2015, des odeurs inhabituelles ont été remontées à la ville de Chocques, au niveau du quartier Saint-Sauveur. C’était une période particulièrement venteuse. Certaines personnes ont parlé de mercaptans. GRDF a appelé les pompiers pour les aider à en identifier la source. Une cellule « sécurité » a même été activée. Des mesures ont ainsi été réalisées sur le site et autour de ce dernier. Aucun des détecteurs n’a décelé la moindre présence de gaz, concluant à une absence de risque sur la santé et la sécurité des employés comme des riverains. Persistait pour autant la nuisance olfactive dont la source n’avait pu être corrélée avec certitude au site compte tenu de la présence du vent. Au niveau du bassin des effluents a été ressentie une odeur inhabituelle. Celle-ci a pu être mise en relation avec un envoi accidentel de produit d’une cuve d’eau de lavage déversant en une seule fois une forte charge vers la station d’épuration interne. Habituellement, un tel produit arrive en petite quantité. Le bassin ayant recueilli ces effluents n’étant pas oxygéné, le produit s’est décomposé dans des conditions inadaptées, générant des composés volatils odorants.

Diapositive 31 : le gaz le plus critique émis par les stations d’épuration est le sulfure d’hydrogène (H2S). Le seuil olfactif de ce dernier étant extrêmement faible, on enregistre un facteur de 100 000 entre ce seuil et la valeur limite pour une exposition de 15 mn et 10 000 avec la valeur moyenne d’exposition très longue durée. Le seuil olfactif est donc bien en deçà des valeurs de risque et des seuils de détection du matériel utilisé par le SDIS. Ce n’est donc pas parce que l’on sent le sulfure d’hydrogène qu’il y a danger compte tenu de ce seuil olfactif extrêmement bas.

Diapositive 32 : des mesures ont été prises par l’exploitant à commencer par l’isolement des eaux contaminées, l’arrêt de l’envoi des effluents vers ce bassin et la vidange de celui-ci vers le bassin biologique. Une communication fréquente a été mise en place avec la commune de Chocques et la Sous-préfecture. Une communication vis-à-vis des riverains a également été réalisée par le biais d’un flyer distribué dans l’ensemble du quartier Saint-Sauveur à raison de 250 exemplaires, comprenant un numéro de téléphone pour ceux qui souhaitaient plus d’informations.

Un travail sur les causes de l’incident a été mis en œuvre visant à éviter toute récidive de transferts accidentels aussi importants et des recherches techniques sont encore en cours sur la neutralisation à adapter, dans un tel cas, sans préjudice de fonctionnement de la station d’épuration. L’exploitant a également vérifié en continu qu’il n’y avait pas eu de dysfonctionnements de la station pendant toute la durée de l’incident.

M. HONORE remercie l’exploitant pour les mesures qui ont été prises ainsi que pour sa réactivité. Il précise qu’il était de permanence quand l’incident s’est produit et qu’il en a bien été avisé. La communication vers la commune a été la bonne décision. L’incident peut être qualifié de notable, même si ce qui est présenté ce jour est plutôt de nature à rassurer l’auditoire. Pour ce qui est de l’origine même de l’incident, M. HONORE souhaite savoir s’il s’agit d’une erreur humaine ou d’un aléa technique.

M. KHOURY répond qu’il s’agit d’une succession de petits incidents discutés en CHSCT. Une erreur humaine est en cause ainsi qu’une absence de report d’une alarme d’une pompe. Un mélange de causes, en quelque sorte. Un travail est en cours. Ce genre d’incident aide aussi l’établissement à progresser.

M. HONORE ajoute que cet événement illustre bien l’enjeu de l’information des élus, de la restitution de l’événement ainsi que de l’analyse de celui-ci.

M. KHOURY précise qu’ils ne sont pas des spécialistes de la communication et qu’il est difficile de savoir comment il convient de réagir lorsque des éléments sont relatés dans la presse sans recueillir la version de l’établissement. L’exploitant est préparé à un POI (Plan d’Opération Interne) mais pas à cela. Il convient d’être le plus réactif possible. Il précise qu’ils ont contacté le SDIS a posteriori pour recueillir des pistes d’amélioration sur l’enjeu de la communication.

M. PARENT (SDIS) précise que, dès le ressenti d’odeurs, il faut contacter le SDIS qui dispose d’un conseiller technique et ne pas attendre le samedi soir pour déclencher le plan ETARE (plan d’établissement pertorié). Une procédure d’information des services est également à mettre en place.

M. KHOURY répond qu’il accepte volontiers la remarque. Il ajoute que jusqu’au samedi, personne n’avait décelé d’odeur. Celle-ci était ressentie au niveau d’un rond point mais personne n’avait fait la relation directe avec la station d’épuration de l’établissement. On pensait plus à l’incinérateur ou au poste GRDF. Si le SDIS dispose d’une cellule, l’exploitant est intéressé et le remercie d’avance de son aide.

Diapositive 33 : en termes de perspectives 2015, l’objectif est avant tout d’aller au bout de l’étude de dangers. Une nouvelle chaufferie doit également être construite. Les murs sont en cours de montage. Cette chaufferie remplacera l’ancienne avec deux nouvelles chaudières pour réduire notamment la distance des tuyauteries qui viennent de VALNOR. Cet équipement plus efficace doit permettre également de réduire de 50 % la consommation de gaz naturel, y compris lorsque les installations sont au repos. Les chaudières commandées pourront démarrer plus rapidement avec un rendement supérieur, le tout dans le respect des normes de combustion. Le montant de l’investissement est d’une valeur de quelque 3 millions d’euros.

Diapositive 34 : le traitement des derniers points bloquants de la construction du pont doit aussi intervenir. Une parcelle doit être récupérée de la part de la commune. L’exploitant espère pouvoir respecter le délai d’octobre car passé cette date, il ne sera plus possible de toucher à la rivière et il conviendra d’attendre 8 mois supplémentaires. Il s’agit plus d’une contrainte administrative. Le pont actuel doit être arrondi pour garantir son maintien en état de fonctionnement. De tels travaux doivent également permettre de réduire les nuisances sonores pour les camions via la réduction du crissement des pneus. Le rayon de courbure pris initialement (9 m) n’était pas suffisant pour les engins du SDIS. Son passage à 11 m a pris du retard. En établissant une telle courbe, cela forcera les camions à venir par le bon chemin car certains prenaient un raccourci (par la rue Melchior).

De nouveaux outils de communication inter HSE doivent également être développés tels que des écrans lumineux avec des messages sécurité pour les arrêts mais aussi pour le quotidien.

La réhabilitation de certains bâtiments est aussi prévue notamment pour enlever le bardage de ceux contenant encore de l’amiante. Le site est déjà en préparation de l’arrêt d’octobre 2015. Il continue à maîtriser et à réduire sa consommation énergétique.

 

M. LEROY intervient pour signaler que, le samedi soir où l’incident s’est produit, la commune de Labeuvrière n’a pas été contactée et l’a appris par la presse. Elle aurait préféré le savoir de l’exploitant.

M. KHOURY en prend acte et invite l’intervenant à lui communiquer son numéro de portable.

M. HONORE conclut la réunion en encourageant les protagonistes à échanger leurs numéros de portable ainsi qu’à renforcer la communication entre l’exploitant et le SDIS en attendant la prochaine réunion.

M. Le Sous-préfet de Béthune

Nicolas HONORE

Toute correspondance concernant ce compte-rendu est à adresser au Président de la CSS à l’adresse de son secrétariat :

S3PI de l’Artois

Centre Jean Monnet

Avenue de Paris

62400 BETHUNE